Vers l'accueil      Vers le site      Vers le forum      Facebook
 

Entretien avec RubyCup

Le 27/10/2014

Dans le cadre de la récupération d'informations sur les projets humanitaires, j'ai sollicité l'équipe RubyCup, entreprise allemande qui œuvre au Kenya, afin d'obtenir des informations complémentaires sur leur action humanitaire. J'ai eu la grande chance que Maxie m'accorde un entretien et me détaille avec soin la teneur du travail qui est réalisé.

La zone de prédilection, pour RubyCup, se situe au Nord/Ouest du Kenya. A ma question sur le fonctionnement général de l'action, Maxie m'explique que les actions sont gérées depuis l'Allemagne, puis coordonnées localement au Kenya par des associations humanitaires.

Tout commence dans les écoles. Les équipes locales se déplacent dans les écoles accueillant des élèves de 14 à 17 ans, et ont pour but, au départ, de parler de la féminité, de la puberté, de l'évolution du corps de la jeune fille en jeune femme. Seules les filles sont concernées, les garçons sont dirigés vers une autre activité. Les interventions, d'une durée de trois heures, abordent d'une part le système reproductif féminin (conception de bébé, pourquoi saigne-t-on tous les mois, quels sont les différents organes féminins), puis l'hygiène intime. Les jeunes filles se voient également expliquer ce qu'il se passe en grandissant, quels sont les changements à attendre au fil du passage à l'âge adulte…

Faute de moyens, les jeunes filles sont souvent contraintes d'utiliser divers objets pour se protéger durant leurs règles (morceaux de tissu, chaussettes, journaux, chiffons…) ce qui n'apporte évidemment pas une protection suffisante pendant cette période, et limite la discrétion (le flux menstruel peut se voir en cas de fuite) : les activité habituelles comme l'école ou autres, sont quasiment rendues impossibles.

La réaction des jeunes filles à cette approche est souvent timide, éhontée (car ce sujet est considéré comme honteux, tabou). Ceci, aussi bien pour les écolières elles-mêmes qu'au sein des familles : Maxie me remonte le cas d'une mère n'ayant pas permis à sa fille d'utiliser la RubyCup.

Au terme de cette présentation généraliste, les équipes locales présentent la RubyCup et en expliquent le fonctionnement. La gêne est toujours présente mais la curiosité l'emporte et l'utilisation de la coupe est généralement acceptée lorsque cela est possible.

Afin de cerner le sujet dans sa complétude, j'aborde les thèmes de l'excision et de l'infibulation. Maxie m'explique que selon comment a été pratiquée l'excision, l'utilisation d'une coupe reste possible, avec des explications et soins particuliers. En ce qui concerne l'infibulation, le problème dépasse évidemment la problématique de l'utilisation de la RubyCup. La rupture de l'hymen peut poser également des problèmes, la coupe est donc plus souvent utilisée chez des jeunes femmes non vierges.

Nous n'avons pas encore suffisamment de recul pour estimer le succès à long terme de l'opération, mais après 6 mois, puis 12 mois, les RubyCup données sont toujours utilisées par les jeunes filles kenyanes. RubyCup a pu distribuer l'an dernier 5000 coupes et a un objectif de 10 000 coupes à donner pour l'an prochain. L'action humanitaire “une coupe vendue, une coupe donnée” ne fonctionne que si les RubyCup sont achetées chez la maison-mère en Allemagne directement, et plus chez les revendeurs.

EasyCup compte bien maintenir et renforcer le lien de partenariat avec RubyCup, afin de ne pas interrompre le travail indispensable réalisé par cette équipe. RubyCup prévoit également d'étendre son action à l'Ouganda, pays voisin, et au Blangladesh. Le projet est détaillé ici : http://www.ruby-cup.com “Mora Mora” se basera sur cet aspect de l'utilisation de la coupe menstruelle, mais pas au Kenya : à Madagascar. Je remercie encore chaleureusement Maxie pour le temps accordé et les réponses à mes questions, et adresse félicitations et encouragements à RubyCup pour leur projet et leurs actions au quotidien.

Et j'aime citer aussi cette devise, qui est la leur :

“We believe that all women deserve the best. Let's show the world what happens when we give positive change a try.”

“Nous avons la conviction que toutes les femmes méritent le meilleur. Alors, montrons au monde ce qu'il se passe quand nous donnons une chance à de nouvelles choses.”

Phone call with RubyCup

27/10/2014

On the way to the writing of the book “Mora Mora”, it's been a necessity to me to get more information about menstrual cup humanitarian action in Africa. So, I've been asking the German company RubyCup team for more information about their work in Kenya. I was in need of further information about their humanitarian work there. I'm very grateful and lucky Maxie agreed to take some time to answer my questions and give me detailed information about their project and the work that is being done.

RubyCup's geographical zone of action is in North West Kenya, near South Sudan and South Ethiopia. As an answer to my question about general organization, Maxie tells me that actions are planned from Germany, then executed locally in Kenya by humanitarian workers.

It all starts in schools. Local teams go to various schools welcoming 14 to 17 year old girl pupils, and start their speeches with talks about femininity, puberty, woman body evolution as a girl grows into being a woman. Only girls are allowed to sit in that class, boys are being taken away for some other lesson. Interventions usually last three hours and start with feminine reproductive system (how to make a baby, why are women bleeding every month, what are the different feminine organs…) then it comes to intimate hygiene. Young girls then are explained how growing up will change their bodies to lead them to women.

Being so poor, young girls usually have to use various objects to protect themselves during their periods (rags, pieces of clothes, newspapers, socks…) which obviously aren't safe enough to provide a good protection and avoid flows. Menstrual blood cannot be hidden enough and then going to school or doing normal activities becomes nearly impossible.

Young girls reactions are often bashful, ashamed (as this subject is considered as shameful, taboo). This is an encountered reaction in school with the girls, as well as in homes, as Maxie reported me the case of a mother who didn't allow her daughter to use the RubyCup.

At the end of this presentation, RubyCup workers introduce the RubyCup menstrual cup and explain how it works. Shame is always there but curiosity also wins and the cup utilization is generally accepted each time it's possible.

So I could get as much information as possible, I asked Maxie about excision and infibulation. Maxie explains me that it depends on the way excision has been done : some times, using a menstrual cup remains possible, with special care and explanations. In the case of infibulation, the problem is way beyond RubyCup workers who cannot do anything for the concerned girls. Hymen breaking is also an issue, therefore RubyCup is more usually used by non-virgin girls.

We cannot look for the long-term result of the operation but as far as 6 to 12 months of RubyCup use, it's been very positive because the cups carry on being worn and so relieve the girls from the usual issues. RubyCup distributed last year 5000 menstrual cups and has an aim to give away 10 000 cups next year. The humanitarian operation “one cup sold, one cup given” works only if the RubyCups are bought directly from the RubyCup website, and not from retailers.

EasyCup intends to maintain and increase the partnership relations with RubyCup, so as to help them to carry on the work that has started to be done in Kenya. RubyCup also plans to extend their work to Uganda and Bangladesh. The project is detailed here : http://www.ruby-cup.com My “Mora Mora” will be based on this way of menstrual cup utilization, but not in Kenya : in Madagascar. I want to thank again Maxie for the time she gave me and for answering all my questions. I also want to contragulate and send encouragement message to them for the work that has already be done.

And I want to quote this sentence, I love it so much : “We believe that all women deserve the best. Let's show the world what happens when we give positive change a try.”

 

coupes/rubycup.txt · Dernière modification: 18/12/2015 17:53 par moderata